Mon OCC, par Guylaine

MON OCC (Août 2018)

Par Guylaine Simon

 

 

Le grand jour est enfin arrivé …

 

J’attendais ce moment depuis le 11 janvier 2018, jour de la réponse du tirage au sort pour toutes les courses de l’UTMB. Beaucoup de bonheur en apprenant que je pourrai participer à l’OCC. ..

Je vais passer rapidement sur ma préparation, bien médiocre à mes yeux et irrégulière en raison de divers soucis (blessure ouverte à un mollet puis fracture d’un orteil, sinusite…).

Au final : très peu d’entrainements en côtes, et une seule sortie de 3h (merci coach Philippe J), mais essentiellement des footings … ; Je pensais reprendre durant l’été mais la canicule a fait son apparition… Bref, le doute s’est rapidement installé quand à ma capacité de franchir la ligne d’arrivée le jour J.

Je reprends confiance en moi juste quelques jours avant la course grâce à 2 petits trails effectués en Corrèze. Bien sûr, les dénivelés et les distances ne sont pas comparables à l’OCC, mais je me sens en forme et sans douleur aux arrivées..

Nous quittons la Corrèze 2 jours avant la course afin de pouvoir me reposer sur place au moins la veille de la course.

Nous avons réservé un hôtel aux Houches, proche de Chamonix, ce qui nous permet de nous déplacer facilement en train (Mont Blanc express, train emblématique de Chamonix) ou en bus.

Mardi soir, avant-veille de l’épreuve : découverte du village des Houches. Mercredi matin, nous partons récupérer mon dossard à Chamonix et là, dès la descente du train, nous sommes immédiatement immergés dans le monde du trail : des coureurs partout, un village expo démentiel (peu de marques ont dû échapper à l’emplacement de son stand), les conversations ne parlent que de course.

Je suis immédiatement impressionnée par le nombre de nations différentes. J’apprendrai par la suite qu’il y en avait environ 100…

Le retrait du dossard : super organisation, aucune attente (mais j’arrive peu de temps après l’ouverture), plusieurs étapes à franchir, je crains un peu le refus car mon strap n’a pas la bonne largeur, ma lampe n’a pas la puissance suffisante, la couverture de survie n’a pas non plus la dimension exigée… Mais la chance est avec moi, la personne qui vérifie mon bac de matériel par rapport à une liste d’articles choisie aléatoirement est adorable. Au final, elle considère que mon matériel est conforme aux exigences et si des écarts sont constatés, elle n’en fait pas mention. Je signe enfin la feuille m’engageant à avoir tout ce matériel le jour J puis je file récupérer mon dossard ainsi que le tee-shirt.

Avec ce dossard dans les mains, je réalise que je vais prendre le départ le lendemain…

Ensuite, petite balade sur les stands du village où j’ai la joie de rencontrer à nouveau Dawa Sherpa (nous nous étions déjà vus lors des championnats de France de trail court à Montgenèvre).

Le reste de la journée passe tranquillement entre Chamonix et les Houches, entre soleil et grosse pluie…. Toujours beaucoup de doutes et d’inquiétudes mais beaucoup d’envies aussi et surtout celle de découvrir de sublimes paysages et de franchir cette fameuse ligne d’arrivée à Chamonix, peu importe le chrono et la place.

J’ai beaucoup de mal à décider des vêtements à porter le lendemain : fraîcheur et pluie annoncées… mais l’organisation – confiante – n’a pas exigé les kits « grand froid » ni « canicule ». Mon sac n’en sera que plus léger. Une fois mon matériel prêt, il a bien fallu penser à dormir un peu.  Je dis bien « un peu » car je n’ai pas réussi à fermer l’œil, trop impatiente que j’étais de prendre le départ.

Debout avant 4h00, puis rapide préparation. Au menu ce jour :

La navette réservée lors de l’inscription me prend en charge vers 5h, juste devant l’hôtel, avec une vingtaine d’autres coureurs, tous aussi silencieux et angoissés que moi probablement. Je me faufile dans le bus, malgré l’absence de la « contremarque de transport » envoyée par courriel quelques heures avant, mais que je n’ai pu imprimer faute d’être partie en vacances sans une imprimante… (à ajouter dans la voiture pour les prochaines courses ?). Trajet d’1h30 environ, direction Orsières en Suisse, un charmant petit village du Valais, très impliqué dans l’organisation de l’épreuve. .J’ai essayé de dormir un peu dans le bus malgré les conversations environnantes où le français n’était pas la langue dominante (on devait être 3 français au plus dans le bus). Quand à ma voisine, elle n’a pas arrêté de farfouiller dans ses sacs pour en extirper des sandwichs certainement meilleurs que l’odeur qu’ils dégageaient… Une bonne préparation pour mon estomac sans doute.

A l’arrivée à Orsières vers 6h30, petit déjeuner offert par l’organisation (vraiment bien). Puis il est temps de rejoindre la ligne de départ pour le débriefing… Quelques sacs sont vérifiés de façon aléatoire par des commissaires de course (c’est sérieux, faut pas tricher !!!). Petit discours du 1er procureur du canton du Valais, de l’organisatrice, du sponsor officiel (Columbia)…

Et, petite anecdote amusante : j’ignorais qu’il existait un décalage horaire de 10 min entre l’heure française et l’heure cantonale Suisse, mais l’horloge de la pharmacie face à la ligne de départ avançait de 10 min (on est pourtant en Suisse). Confiante, l’organisation semblait  s’être calée sur cette horloge et annonçait le départ prochain…avec un compte à rebours qui se fera jusqu’à ce que les chronométreurs officiels réalisent que l’heure de cette pendule - qui attire tous les regards - n’est pas exacte…. Au final, nous bénéficions de 10 min supplémentaires pour sauter sur place et profiter de la musique.

Une personnalité locale « Gérard » déambule au milieu des coureurs avec des cloches d’alpage, un  chapeau et surtout un grand sourire, il remonte plusieurs fois la longue file des coureurs, il semble connu des villageois.

La météo est moyenne mais pas de pluie pour le moment.

8h15 (heure officielle) : Le départ est donné. C’est parti pour la grande aventure.

Nous traversons d’abord le village puis montons tranquillement pour rejoindre Champex-lac. Les enfants des écoles locales ont été autorisés à arriver un peu plus tard ce matin-là afin de pouvoir encourager les coureurs. L’atmosphère est vraiment festive : Nos amis Valaisans on vraiment bien fait les choses.

Dans la montée, afin d’éviter les coups de bâton du coureur placé devant moi, je décide de le dépasser sur la gauche. Mais là, patatras, c’est la chute.  Je tombe sur un balisage en bois surmonté de rubalise. Heureusement, il casse net mais je me retrouve à plat ventre. Plus de peur que de mal, et les coureurs très « esprit trail » s’arrêtent. Tout va bien, je repars. C’est quand même stupide une chute alors qu’aucune difficulté n’est présente…

Arrivée à Champex, 1er « Check Point » après 1h17 de course. Je ne peux m’empêcher d’admirer les paysages : le lac entouré de petits chalets et bordé de forêts d’épineux. Tout est net, propre, nous sommes bien en Suisse !

Les Suisses qui nous encouragent avec leur bel accent et leur gentillesse.

Je prends mon temps et j’en profite pour remplir mes flasques d’eau. Puis c’est reparti.

Ca grimpe jusqu’à la Giette (environ 1000m de D+), je n’ai pas pris de bâtons et semble être la seule. Mais au moins, je ne galère pas à les ranger… Je profite peu du paysage car la brume englobe tout et seule l’arrivée au sommet permet de voir le soleil surplombant une mer de nuages en-dessous.

Un petit détail me fait sourire, dans un virage, pas loin du sommet, 3 personnes représentant une marque connue du trail -running énumèrent toutes les marques des chaussures qui passent devant eux. Certainement une étude statistique. Je ne sais pas dans quel état était le type en fin de journée après avoir vu autant de paires pieds et de marques différentes !!!

Nous avons eu un peu de pluie durant cette portion mais très supportable. Arrivée à la Giette (2éme CP) au bout de 3h8min de course.

Ensuite, descente sur Trient (3éme CP) entre racines d’arbres, cailloux, trous, boue par endroit. Arrivée à Trient au bout de 3h48 de course. Nous pouvons profiter d’un premier ravitaillement solide (bien apprécié). Je remplis à nouveau mes flasques car même sans soleil, les montées, ça donne soif !

A Trient, nous sommes au km 26, je me dis que la moitié n’est plus très loin…

Ensuite, direction les Tseppes :  je pense que ce sera la portion la plus difficile. Au cours de la montée, pas mal d’abandons et de personnes arrêtées dans les virages pour récupérer. Les montées sont incessantes ; pourtant, le dénivelé positif depuis Trient n’est que de 625m.  Puis c’est l’arrivée aux Tseppes à 2065 m. Là, pas de répit. Les cuisses chauffent un peu, la respiration s’accélère un peu mais « ouf », je suis en haut et je bascule du côté français.

Nouveau ravito liquide au sommet et 4éme CP passé après 4h55 de course.

Après les cuisses qui chauffent un peu en montée, c’est au tour des genoux d’apprécier la descente….

 

 

 

Direction Vallorcine, pour le second et dernier ravito solide et 5 éme CP. Tout va bien, je croise mon mari peu avant le ravito : il me suit « en live » et m’annonce que je suis 2éme dans ma catégorie, ce qui me paraît complètement improbable compte tenu du palmarès ITRA des 69 autres M2F …cette nouvelle me redonne de l’énergie et je me dis que je vais marcher le moins possible jusqu’à l’arrivée, juste recharger mes flasques…

 

 

Arrivée à Vallorcine au bout de 5h58 de course. Ensuite vient le col des Montets et 6éme CP  .

Arrivée à Argentière (7éme CP) où mon mari m’attend à nouveau (je ne savais pas qu’il serait là), il me dit que je suis maintenant 3éme (je me suis faite doubler au ravitaillement de Vallorcine par une concurrente Islandaise qu’il n’a pas vu passer). Bon, là, ça devient sérieux, je n’étais pas partie dans l’idée de faire un podium, mais ce serait dommage à une place près alors je passe en mode « auto » et me dis qu’après tout, il ne reste que la Flégère (que j’avais déjà  gravie lors du cross du Mt Blanc l’an dernier) et après, ce sera de la descente jusqu’à Chamonix, il suffit d’avancer sans marcher et je n’aurai pas de regret quoiqu’il advienne. D’autant que mon mari vient de me glisser à l’oreille que la 4éme me suit à 11 minutes…

Depuis la Flégère où j’ai rechargé une dernière fois mes flasques, je descends en courant, malgré quelques crampes dans les orteils mais qui passent heureusement très vite.

Depuis le départ, j’ai eu la sensation de manger tout au long du parcours.  J’ai aussi bu toutes les 10 à 15 min.

Puis c’est la descente vers Chamonix. Plus que 8 km et 900 m de pour passer sous l’arche.

Je fais bien attention de ne pas tomber car la foulée se fait un peu plus rasante ; les jambes sont plus lourdes.

 

J’arrive dans Chamonix où je rencontre les 2 dernières difficultés de la course : Le tracé nous fait fraichir deux passerelles pour piétons et là, des marches, des marches et encore des marches à monter, et à descendre. Ça fait mal, mais l’arrivée est en vue.

Je reconnais la fin du parcours passant aux abords du gymnase où j’ai récupéré mon dossard, ça sent bon la fin !

Une ambiance incroyable où tout le monde nous encourage, nous appelle par notre prénom (nom et prénom sur le dossard), l’émotion est forte.

 

 

 

Je franchis la ligne d’arrivée des 57 km en 9h17 et 3éme de ma catégorie, ce que je ne réalise toujours pas compte tenu de mon manque d’entraînement, et aucune reconnaissance du parcours (beaucoup de coureurs ont reconnu des segments)

 

 

 

A l’arrivée, aucune douleur autre que la hanche (José me conseillera pour ma prothèseJ) à l’arrivée donc tout va bien.

Enfin, je suis vraiment heureuse. Mon mari également. J’ai mes 4 points attendus pour, peut-être envisager une suite sur CCC ou TDS…

Après l’arrivée, récupération du sac d’affaires laissé à Orsières au départ, puis recherche de la douche (que nous n’avons pas trouvé) et repas d’après couse à l’UCPA de Chamonix (vraiment bien) après l’arrivée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin … le podium. Franchement, cela n’était même pas dans mes objectifs et encore moins dans mes rêves. Le trophée : une superbe cloche des alpages, probablement un clin d’œil au lieu du point de départ de la course et à ses célèbres moutons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je termine ce modeste récit par un grand merci à ma famille qui m’a supportée (au sens propre et figuré).

Je remercie également tous ceux et celles qui m’ont encouragée, suivie en live et félicitée…

Merci à toi, Philippe pour avoir rectifié pas mal d’erreurs et m’avoir prodigué tous tes conseils.

J’ai une pensée toute particulière pour Philippe Pecqueux qui a terminé l’UTMB, respect !

Une pensée également pour la ch’tite équipe du dossard 20360 qui est en train de terminer la PTL à l’heure où j’écris ces lignes : Une bien belle leçon de courage et de persévérance.

 

 

 

Guylaine SIMON – Les foulées de St Germain en Laye

 

                                                                                                                         

 
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